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Récit de vacances dans le havre de paix d'une demeure familiale restée, pour toute la famille, l'incontournable lieu de rendez-vous de l'été, La Faute de goût est un voyage quasi exotique dans un espace hors du temps où tout ne serait que «calme, luxe et volupté», au bord de la piscine fraîchement «plantée» dans l'indivision du domaine.Sur les pas de Mathilde, qui arrive pour quelques jours de débrayage estival, on entre sans effraction chez ces bourgeois «bon chic, bon genre», soucieux des conventions et des codes d'une société où l'art de vivre repose sur une véritable règle du jeu, respectueuse des usages implicites qui font loi. Sous le regard d'entomologiste de la narratrice, les vies minuscules de chacun mises côte à côte prennent un relief particulier, se fondent en un corps social, incarnant les us et coutumes de la bourgeoisie traditionnelleMathilde, elle, contemple tout cela sans jugement et sans condamnation, capte l'atmosphère de la maison, et rend sensible l'esprit des lieux qui est en vérité un esprit de classe. Distillant un parfum d'ambiance anachronique, entre garden-party et confidences inoffensives à l'ombre des grands marronniers, la narratrice ouvre les portes du temple familial, invite le lecteur à sa table, lui fait partager sa chambre avec vue sur la piscine, dont l'accès est strictement réglementé en fonction des plages horaires et des publicsSi règne en apparence une incorruptible harmonie, si l'esprit de famille tient lieu d'esprit d'entreprise et réciproquement, si la magnanimité bienveillante des maîtres de maison décloisonne un instant les frontières qui les séparent de l'office et de la cuisine, il n'en demeure pas moins que les clivages de classes régissent puissamment cette société attachée à ses privilèges avec la morgue et l'arrogance de ceux qui, fiers de leurs prérogatives, tiennent leur rang comme on défend une citadelleL'ordre des choses, le respect des règles et de la place de chacun, une distribution des rôles jamais remise en cause, tel est le prix de la paix dans ce monde déclinant. Pourtant, imperceptiblement, le doute s'insinue. Mathilde prend conscience que ces batailles ne sont pas vraiment les siennes, mais ne s'y oppose pas franchement. Une attente diffuse naît