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Prélude à la destruction (1949) évoque le quotidien d'une famille à Hiroshima durant le printemps puis l'été 1945 : les alertes nocturnes, les bombardements, le rationnement, l'évacuation des écoliers à la campagne, le travail des collégiens dans les usines, les tours de garde, les bagages prêts pour une évacuation annoncée sans cesse repoussée, les sacs à dos remplis de provisions suspendus aux poutres du plafond pour les protéger des rats. De semaine en semaine, la tension monte, les raids aériens se multiplient, le temps passe, et le récit prend des allures de compte à rebours sinistre. Fleurs d'été (1947) commence avec deux ou trois éclairs, un léger bruit rappelant le chuintement d'une ampoule de flash, un voile noir qui tombe devant les yeux, et le monde qui s'écroule d'un seul coup. Pris dans le cataclysme incompréhensible qui suit immédiatement l'explosion de la bombe atomique, le narrateur décrit ce qu'il voit, ce qu'il vit, dans la stupeur terrible de l'immédiateté. Rarement les mots auront paru aussi minuscules, aussi dérisoires, que lorsqu'il s'agit de décrire l'horreur pure de corps et de visages brûlés, tuméfiés, déformés, purulents, qui suscitent l'épouvante plus que la pitié.Dans Ruines (1947), l'armistice est signé, trop tard pour les milliers de victimes. Les couchers de soleil sont toujours aussi beaux sur la chaîne de montagnes qui abrite Hiroshima